A l’heure où notre belle nation est à nouveau confrontée à la haine qui s’est expatriée du Moyen Orient il me semble impératif de vous confier mes pensées sur le sujet brûlant de la guerre qui fait rage à Gaza.
Mon billet, aussi banal soit il constitue exclusivement ma stricte vision des choses. J’ai suivi ce conflit en consultant régulièrement la presse française comme étrangère. Nombre de journalistes parlent d’un conflit dramatique, catastrophique, inhumain. Ils ont sans l’ombre d’un doute raison. Mais qui oserait dire l’inverse ?
Mais selon moi ce qui mérite d’être dénoncé par dessus tout c’est l’instrumentalisation politique qui gravite autour de ce conflit.
Je m’explique :
Vivre sous l’angoisse quotidienne de voir ses proches, ses enfants, ses amis perdre la vie fauchés par une roquette n’est pas humainement acceptable.
Vivre dans la hantise permanente d’apprendre que son fils, sa fille a été tué alors qu’il se trouvait dans une école sous l’égide de l’ONU n’est pas humainement acceptable.
Tout peuple a le droit absolu et éternel de vivre en tranquillité comme le rappel l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme proclamée en 1948 :
« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »
La population de Gaza est tout aussi victime du Hamas qu’elle est prisonnière du blocus Israélien. Les tirs de qassam ne sont pas tolérables tout comme l’intervention armée de Tsahal est totalement disproportionnée.
Cependant quelles sont les véritables motivations des principaux protagonistes pour cette guerre qui a enlevé la vie a déjà beaucoup trop d’innocents?
Parlons en premier lieu des motivations du Hamas pour cette guerre.
Le Hamas a sans doute été aidé dans sa décision de ne pas reconduire la trêve et d’attaquer Israël par son plus fidèle allié : l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad. Dans la perspective d’une élection présidentielle en juin 2009 le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad ne pouvait pas espérer mieux. En effet la population est dans sa grande majorité lassée de voir ses conditions de vie se dégrader à cause d’un pouvoir continuellement sanctionné par la communauté internationale. L’élection présidentielle ne se présentant pas sous les meilleurs auspices une guerre meurtrière à Gaza constituait la solution miracle pour se sortir de ce mauvais pas. Faire en sorte que la population iranienne regarde ce qui se déroule à Gaza et qu’elle ne prête plus trop attention aux problèmes internes aux pays sont les ingrédients de la recette.
Israël n’était pas non plus dans l’optique de reconduire le cessez le feu.
Une guerre impliquant le gros des forces de l’armée de Tsahal avait l’avantage d’affaiblir le Hamas et de laver l’affront vécu au Liban quelques années plus tôt face au Hezbollah.
Une offensive dans la bande de Gaza soutenue massivement par la majeure partie d’une population sous le choc pour répondre aux tirs de roquettes du Hamas sur les villes du sud d’Israël faisait figure d’argument politique déterminant pour le gouvernement d’Ehoud Olmert dans la perspective des élections législatives anticipées début février.
De plus quel meilleur moyen qu’une attaque sanguinaire et disproportionnée contre le Hamas pour pousser l’ennemi juré iranien à la faute ?
En effet la stratégie israélienne concernant le dossier iranien est double ici.
Un support militaire affiché de l’Iran au groupe armé du Hamas constituerait la raison tant attendue par l’Etat hébreux pour bombarder les installations militaires iraniennes. En d’autres termes si l’Iran été amené à attaquer ouvertement les forces de Tsahal en guise de réponse à leur agression dans la bande de Gaza alors Israël serait en droit de mener des opérations militaires ciblées en Iran sans perdre la face sur la scène internationale. De plus une intervention armée des forces iraniennes amènerait inéluctablement les Etats Unis à soutenir militairement leur allié Israélien contre Téhéran.
D’autre part si l’Iran se décidait à ne pas intervenir militairement contre l’Etat hébreux pour aider le Hamas à repousser l’ennemi juré hors de la bande de Gaza alors son aura diplomatique, son influence dans la région et sa sympathie auprès des peuples arabes en ressortiraient grandement affaiblis.
Les Etats Unis, quant à eux, sont les champions incontestés du double langage sur la question du conflit de Gaza. D’une part appelant tardivement à un cessez le feu dans la bande de Gaza, ils continuent de livrer d’importants stocks d’armes à l’armée israélienne(LeMonde.fr : Selon des documents du Military Sealift Command (MSC) de la marine américaine consultés par l’agence de presse Reuters, un navire marchand transportant 325 conteneurs standards de 20 pieds contenant des “munitions” doit effectuer deux trajets entre le port grec d’Astakos et le port israélien d’Ashdod entre la mi-janvier et la fin du mois). On peut dresser la même critique envers l’Egypte. Saluée par la communauté internationale pour ses efforts diplomatiques en faveur d’un cessez le feu rapide, elle est vivement pointée du doigt en ce qui concerne les tunnels de contrebande reliant son sol à la bande de Gaza où transiteraient la majeure partie des roquettes servant aux Hamas.
Les motivations de ce conflit se retrouvent donc légion. La « nouvelle guerre » qui touche la bande de Gaza n’est donc pas le fruit du hasard à la vue de ces différentes raisons. Nombre de pays profitent de ce conflit pour atteindre des fins personnelles.
Mais le plus consternant dans cette sinistre histoire c’est que la souffrance d’un peuple entier est instrumentalisée de toute part à des fins politiques. La bande de Gaza n’est pas un terrain de jeu diplomatique. L’obtention d’un cessez le feu immédiat est nécessaire bien entendu mais il ne saurait être qu’un premier pas vers un véritable processus de paix encadré par l’ONU.